Nader Baraia « Rester soi-même »

à33 ans, Nader Baraia n’a pas suivi le parcours classique d’un crémier-fromager. Ancien boxeur, arbitre international et technicien aéronautique, il découvre il y a quelques années le concept de camion-magasin et décide de changer radicalement de vie. Sans reprendre de tournée existante ni bénéficier d’une clientèle déjà installée, il crée son propre commerce itinérant en Essonne sous l’enseigne O Bon Fromage.
« Je partais de zéro. Je ne connaissais presque rien au fromage. Au début, je devais parfois chercher des informations en direct pour répondre aux clients », raconte-t-il. Une situation qui le pousse rapidement à se former en continu. Aujourd’hui, il revendique une sélection composée à 99% de produits issus de petits producteurs et défend avec conviction le savoir-faire artisanal face à l’industrialisation de la filière.
Très tôt, Nader comprend également l’intérêt des réseaux sociaux. Conseillé par son frère, il investit Instagram, Facebook puis TikTok. « Je ne voulais pas rater l’occasion. »
« Je réponds moi-même »

Son approche repose sur un principe simple : rester lui-même. Face caméra, avec humour et spontanéité, il partage son quotidien, ses découvertes et ses coups de cœur fromagers. Les vidéos de découpe de grosses meules ou les échanges avec les clients figurent parmi les contenus les plus appréciés.
« Sur les réseaux, les gens veulent du naturel. Si on cherche à trop lisser son image, ça se voit tout de suite. » Une philosophie qui lui a permis de fédérer une importante communauté (près de 60 000 abonnés cumulés sur Instagram et près de 90 000 sur Tiktok) et de toucher une clientèle bien au-delà de ses marchés habituels. S’il délègue désormais le montage et une partie de l’organisation à un community manager, il tient à conserver la maîtrise des échanges avec sa communauté. « Je réponds moi-même aux messages et commentaires. C’est là que se crée le lien. » Une proximité qui se traduit concrètement sur le terrain. « Quand je ne publie pas pendant plusieurs jours, les clients m’en parlent directement sur le marché. »

blabla ‘‘ Si l’on cherche à
trop lisser son image, ça
se voit tout de suite.’’

Au-delà de la visibilité, les réseaux sociaux ont contribué à soutenir la croissance de son activité. Mais pour Nader, ils ne doivent jamais faire perdre de vue l’essentiel : le produit. Sollicité par de nombreuses marques, il refuse systématiquement les partenariats avec les grands groupes agroalimentaires. « Ma ligne de conduite est claire : je préfère mettre en avant les petits producteurs avec lesquels je travaille. » Pour lui, les réseaux sociaux sont avant tout un outil de transmission. Une manière moderne de faire découvrir le fromage artisanal à de nouveaux consommateurs tout en restant fidèle à ses valeurs. n