Offre Normandie
Les AOP au secours de la race Normande ?
Si les AOP fromagères normandes doivent leur réputation à un terroir unique, elles la doivent aussi à la vache locale : la race Normande. Pourtant, celle-ci ne cesse de décliner. En dix ans, ses effectifs ont chuté de 25% en Normandie, soit plus de 50 000 vaches perdues, et de 35 % au niveau national, une érosion qui en fait la race la plus touchée de France.
Face à ce constat, la Région Normandie a investi 2 millions d’euros depuis 2016 pour enrayer le mouvement. Un plan de « normandisation » des cheptels a permis d’accompagner près de 400 éleveurs, avec un bond significatif grâce à un Appel à manifestation d’intérêt (AMI) lancé en 2023. En deux ans, plus de 8 000 bovins ont été financés via ce dispositif, contre seulement 1 300 lors des cinq années précédentes.
Mais la clé de la sauvegarde réside dans la valorisation du lait. Aujourd’hui, 85 % des éleveurs engagés dans cette démarche et l’ensemble des laiteries partenaires (Isigny Sainte-Mère, Gillot, Graindorge, Th. Réaux...) valorisent leur production sous signe officiel de qualité, principalement en AOP. La race Normande y trouve un débouché rémunérateur grâce à la qualité de son lait, sa mixité (lait-viande) et sa robustesse.
Le Conseil régional à la rescousse
Les discussions en cours sur l’évolution des cahiers des charges des AOP, notamment pour renforcer la part minimale de lait issu de vaches Normandes, sont donc cruciales. Elles pourraient inverser la tendance en faisant de la race un pilier incontournable de l’identité et de la valeur ajoutée des fromages normands.
Le camembert de Normandie souhaite ainsi porter le taux obligatoire de 50% minimum à au moins 75% « La moyenne est déjà plutôt à 75-80 % », précise Bruno Lefèvre, même si une frange d’éleveurs devra consentir un effort supplémentaire. Un délai sera accordé et un accompagnement est prévu via un plan régional initié par Hervé Morin, président du Conseil régional, avec des aides à l’achat de génisses ou de semences sexuées.
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de 25% en Normandie et de 35%
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Le pont-l’évêque devrait s’aligner sur le camembert. Le neufchâtel souhaite rester à 60%. Seul le livarot est déjà à 100%. « Mais c’est un défi de réussir à atteindre ce taux, car nous avons de moins en moins d’élevages autour de nous », confie Bruno Lefèvre, directeur de la fromagerie Graindorge et président de l’ODG du livarot. n